Conférence du 5 décembre 2012 
 ''Pour la suite des Bélugas''
 
La Société Provancher d'histoire naturelle du Canada accueillait M. Robert Michaud, biologiste, président et directeur scientifique du GREMM (Groupe de recherche et d'éducation sur les mammifères marins), le 5 décembre dernier, lors d'une conférence sur les bélugas. Par sa passion, M. Michaud a su captiver son auditoire en témoignant de travaux réalisés au cours des 25 dernières années sur les baleines et l'écologie du St-Laurent. Grâce à divers inventaires et techniques d'observation, M. Michaud dispose d'informations précieuses sur le comportement des bélugas et les menaces auxquelles fait face cette espèce. En terminant, le conférencier a répondu à plusieurs questions dont l'éthique, quand la survie de certaines sujets est en jeu.

 

 

 

Conférence du 6 mars 2013

''Les libellules au Québec''

 

La conférence de M. Alain Mochon sur les libellules au Québec a attiré plus de 50 personnes le 6 mars 2013 au Théâtre de poche de l'Université Laval.  M. Mochon est géographe et biologiste, responsable du service de la conservation et de l'éducation au Parc national de la Yamaska (SEPAQ). Il est aussi coordonnateur régional à «L'initiative pour un atlas des libellules du Québec».

 

Avec passion et à l'aide de magnifiques photos, M. Mochon a d'abord entretenu son auditoire sur la biologie et la diversité des espèces de libellules au Québec.

 

Les libellules sont omniprésentes dans la plupart des écosystèmes naturels et elles constituent un maillon important de la chaîne alimentaire. Leurs techniques de vol sophistiquées étonnent et certaines libellules peuvent voler jusqu'à 50 km à l'heure. Ces insectes attirent l'attention  tant par leurs coloris exceptionnels que par les différents comportements qu'ils adoptent pour chasser et se reproduire.

 

Voilà tout un monde à découvrir pour le randonneur qui peut les observer du printemps jusqu'à tard à l'automne. Le cycle de vie de ces insectes gagne à être connu car, à certaines étapes dans ce cycle, les libellules sont particulièrement vulnérables.  Aussi, il  a été intéressant d'apprendre que quelques espèces de libellules sont migratrices.

 

Plus de 140 espèces de libellules ont été répertoriées au Québec à ce jour. Soulignant les travaux d'émérites entomologistes dont l'Abbé Provancher, M. Mochon a expliqué à quel point l'acquisition de connaissances dans ce domaine se poursuit. «L'initiative pour un atlas des libellules», projet auquel il participe avec d'autres passionnés d'odonatologie, est une contribution remarquable dans ce domaine. Les travaux permettent de documenter et mettre à jour la distribution des odonates sur le territoire du Québec.

 

En terminant, M. Mochon a fait valoir que l'observation des libellules procure un contact privilégié avec les milieux aquatiques  et il a sensibilisé son auditoire à la fragilité de ces territoires. Mieux connaître les odonates offrira des indices du niveau de qualité des territoires en question.

 

Il est à noter que les travaux de M. Mochon font régulièrement l'objet d'articles dans la revue scientifique Le Naturaliste canadien depuis 2005.

 

Photo: Courtoisie Michel Savard 2011

 


Conférence du 20 novembre 2013

 ''Le monde des chauves-souris''

La Société Provancher d’histoire naturelle du Canada a accueilli M. Michel Delorme,  le 20 novembre 2013 pour une conférence intitulée Le monde des chauves-souris.

M. Delorme est biologiste, Ph. D. et aviseur scientifique du Biodôme de Montréal. En guise d’introduction, le conférencier a d’abord entretenu son auditoire d’une cinquantaine de personnes sur les différents mythes associés aux chauves-souris.

Il a ensuite fait part de l’importance des chauves-souris qui sont les plus petits mammifères de la planète. En fait, les chauves-souris font partie de l’ordre des chiroptères, le deuxième ordre des mammifères en importance, les rongeurs étant le premier.

L’évolution des chauves-souris nous fait remonter à 60 millions d’années. Il y a 1200 espèces connues de chauves-souris dans le monde. Au Québec, nous en avons 8 espèces toutes insectivores. Trois d’entre elles migrent vers le sud en hiver, les 5 autres sont hibernantes. Les chauves-souris demeurent plus agiles au vol que les oiseaux et elles arrivent à consommer 600 à 1000 insectes à l’heure. Elles jouent un rôle écologique fort appréciable. Sous certaines latitudes, il existe des chauves-souris nectarivores qui aident à la pollinisation dans la production des fruits tropicaux.

M. Delorme a su intéresser son auditoire en parlant d’écholocation. L’évolution des connaissances sur ce sujet a beaucoup évolué depuis les années ’50. Il a fait entendre les sons captés par un détecteur d’écholocation, ceux-ci allant jusqu’à 100 signaux émis par les chauves-souris à la seconde. C’est avec les inventaires acoustiques qu’il est possible de déterminer l’abondance et la diversité des chauves-souris à un endroit donné.

 Nous pouvons trouver les chauves-souris dans les arbres morts et les grottes par exemple, mais aussi à l’intérieur de structures. Les greniers et les combles des bâtiments peuvent loger les chauves-souris et parfois en très grand nombre. Artificiellement, on construit des dortoirs pour les chauves-souris. Il existe au Québec un réseau de 8 dortoirs chauffants pour abriter les chauves-souris dont un se situe au marais Provancher à Neuville.

Parmi les prédateurs des chauves-souris, nous retrouvons les hiboux et les chouettes mais d’autres situations menacent les chiroptères actuellement. Récemment, certaines espèces de chauves-souris ont connu un déclin supérieur à 90% causé par le syndrome du museau blanc. Cette infection est causée par un champignon blanchâtre qui se développe pendant l’hibernation et crée l’épuisement des chauves-souris. Cela entraîne leur mort tôt au printemps avant même la période d’alimentation. L’aménagement d’éoliennes sur notre territoire menace aussi les chauves-souris. Les études sur le sujet démontrent que ce sont des basses pressions d’air occasionnées par la rotation des pales d’éoliennes qui génèrent des barotraumatismes chez les chauves-souris. Elles meurent alors d’un choc pulmonaire.

M. Delorme a mentionné que l’étude des chiroptères doit se poursuivre et sollicitait la collaboration du public pour faire connaître les endroits fréquentés par les chauves-souris. Il est possible de le faire en documentant nos observations sur le site québécois suivant :

www.mddefp.gouv.qc.ca/faune/sante-maladies/syndrome-chauve-souris.htm

 

M. Michel Delorme en compagnie de Mme Élisabeth Bossert et de M. Robert Patenaude


 

CONFÉRENCE DU 29 JANVIER 2014

 
L'aventure humaine qui redonne des ailes

La Société Provancher d'histoire naturelle du Canada recevait le Dr. Guy Fitzgerald, le 29 janvier 2014 au Théâtre de Poche de l'Université Laval, pour une conférence intitulée «L'aventure humaine qui redonne des ailes». 50 personnes ont assisté à cette deuxième conférence de la saison 2013-14.
Le Dr. Fitzgerald est un vétérinaire aux talents reconnus de communicateur. Très engagé déjà en début de carrière, il a fondé en 1986 la Clinique des oiseaux de proie de la Faculté de médecine vétérinaire de l'Université de Montréal. En 1987, il démarrait les travaux de l'UQROP, l'Union québécoise de réhabilitation des oiseaux de proie.  Ces deux initiatives se traduisent, 25 ans plus tard, par un bilan positif dont le Dr. Fitzgerald et ses nombreux collaborateurs sont particulièrement fiers. 
En quelques chiffres, ce bilan est révélateur : Plus de 8000 oiseaux de proie représentant 27 espèces  indigènes au Québec ont été traités, au-delà de 2300 oiseaux ont été bagués et remis en liberté soit un taux de succès de l'ordre de 45%.
En plus de soigner les oiseaux de proie et faire une médecine préventive animale, l'UQROP fait de l'enseignement et de la recherche. L'organisme offre des formations en premiers soins destinés à différents groupes (ornithologues, vétérinaires, agents de la faune, autochtones, … ) répartis sur tout le territoire québécois. Cela constitue un précieux réseau d'interventionnistes de première ligne qui demeure unique en Amérique du Nord, d'où cette fameuse aventure humaine!
Avec en moyenne 350 cas par an, plusieurs données ont été collectées à ce jour. Les taux de survie des oiseaux blessés et leurs déplacements sont d'un grand intérêt ainsi que les mesures morphométriques contribuant à la distinction des sexes de certaines espèces. D'autres données ont un caractère de santé publique car associées à du parasitisme et à des maladies émergentes telles le Virus du Nil, qui s'en prend aux corvidés, aux geais et aux oiseaux de proie. Le Dr. Fitzgerald se préoccupe aussi de la hausse des captures accidentelles d'oiseaux de proie qui, comme les collisions et les électrocutions, causent des blessures souvent fatales.
Deux des 25 oiseaux ambassadeurs de l'UQROP accompagnaient le conférencier : une petite buse reçue en 2011 ainsi qu'une petite nyctale reçue en 2007. Pendant plus d'une heure, nous avons profité de leur présence, symbole bien concret du succès des travaux du Dr. Fitzgerald.
L'auditoire a été invité par le conférencier à se rendre visiter les installations de l'UQROP à St-Jude, près de St-Hyacinthe, ainsi que la collection «Chouette à voir». La propriété occupe maintenant un territoire agricole et forestier de 22 hectares et la visite du vaste complexe de 9 volières d'entraînement au vol vaut le détour.
Les questions venant de la salle ont porté sur les menaces qui existent toujours malgré la protection légale des oiseaux de proie ainsi que sur les maladies.  Le conférencier a aussi reçu le chaleureux témoignage d'un agent de la faune en milieu nordique pour qui l'apport à cette science est significatif.
La Société Provancher d'histoire naturelle du Canada remercie sincèrement le Dr. Fitzgerald pour la qualité de sa conférence. Elle tient de plus à le féliciter pour le prix qu'il recevait en novembre 2013 de l'Ordre des médecins vétérinaires du Québec, la Médaille de St-Eloi. Le prix est la plus haute distinction accordée par cet ordre professionnel pour souligner l'implication tant sociale que professionnelle de ses membres.

Voir le site de l'UQROP

 


Le Dr Guy Fitzgerald

 

Conférence du 2 avril 2014


La nature de l'origine et de l'évolution selon Darwin 1859
 
La Société Provancher d'histoire naturelle du Canada a accueilli M. Cyrille Barrette, le 2 avril 2014 au Théâtre de Poche de l'Université Laval pour une conférence d'un grand intérêt : La nature de l'origine et de l'évolution selon Darwin 1859.

55 personnes ont assisté à cette conférence de M. Barrette. Riche d'une formation comme docteur en éthologie et d'une expérience de professeur puis de vulgarisateur scientifique, M. Barrette a fourni une remarquable  prestation. Les questions ont été nombreuses de la part d'un public passablement averti et curieux, même sceptique par moments!

Avant de nous parler d'évolution, M. Barrette a pris le soin de nous présenter  diverses théories et définitions qui ont été véhiculées au fil du temps. Le fixisme, le catastrophisme, le transformisme ont été autant de philosophies de passages pour arriver à une définition de l'évolution telle qu'exprimée pas Darwin.
Depuis 1859, on saisit grâce à Darwin, que toutes les espèces sont parentes entre elles et que celles-ci ont toutes des ancêtres. M. Barrette a indiqué à son auditoire qu'il n'est pas facile de concevoir que la vie est à la fois continue et discontinue car unité et diversité se vivent de front.

Quant à l'origine, en biologie, elle se situe sur une longue période et elle produit la nouveauté. Cela a amené le conférencier à parler de la notion de contingence et de toute son importance. Elle est contrainte par les lois de la physique, de la chimie, de la biologie et de l'héritage. Cela fait en sorte que l'évolution n'est pas dirigée ni orientée. L'avenir n'est donc pas écrit!

L'évolution est une science historique que certaines preuves soutiennent. Ces preuves aident à la compréhension et révèlent que l'évolution ne constitue pas une amélioration globale de la vie mais plutôt une adaptation aux conditions locales des espèces.

La répartition géographique des espèces, les suites temporelles des fossiles, la ressemblance chez les embryons, l'homologie des squelettes et la présence d'organes vestiges font partie de cette démonstration. Avec quelques spécimens d'os de mammifères, le public a pu voir ce que l'homologie des squelettes offre comme preuve de l'évolution.

En fin de conférence, M. Barrette faisait remarquer à son auditoire que notre espèce est jeune. Elle remonte à environ 200 000 ans. Nous aurions pu ne pas exister mais nous existons et nous nous distinguons avec notre cerveau. C'est ce même cerveau qui est sollicité quand il faut réfléchir à ces notions où les sciences pures et les sciences humaines se juxtaposent.

M. Barrette nous a  confié qu'il aurait bien aimé échanger sur le sujet avec un scientifique comme l'abbé Léon Provancher au XIXe siècle. L'époque était bouillonnante et les controverses nombreuses. Nous profitons aujourd'hui de ces débats fertiles.

La Société Provancher d'histoire naturelle du Canada tient à remercier M. Barrette pour l'originalité et le dynamisme de cette conférence ainsi que la réflexion qu'elle a engendrée chez l'auditoire.

 
 

Conférence du 29 octobre 2014

La tourte voyageuse, biologie et extinction
 
Le 29 octobre 2014, la Société Provancher d'histoire naturelle du Canada a accueilli M. Pierre Dupuy, biologiste, pour une conférence d'un grand intérêt sur la tourte voyageuse.
Une trentaine de personnes ont assisté à cette conférence qui était organisée en collaboration avec le Ministère des Forêts, de la Faune du Québec (MFFP).
Le public a apprécié la façon dont M. Dupuy a présenté son sujet alors qu'il a fait référence aux souvenirs sur la tourte véhiculés dans sa propre famille en plus de donner des informations scientifiques judicieusement choisies.
L'exposition de 9 affiches de vulgarisation sur la tourte voyageuse, gracieuseté du MFFP, complétait bien l'information livrée par le conférencier.

Pour plus d'informations sur la conférence voir :
Résumé de la conférence de M. Pierre Dupuy  29-10-2014
 


 
 

Conférence du 19 novembre 2014

 
Au-delà des préjugés et des mythes : le monde fascinant des insectes forestiers

Le 19 novembre 2014, la Société Provancher d'histoire naturelle du Canada recevait M. Richard Berthiaume, biologiste, Ph. D., et coordonnateur du Consortium de recherche forestière iFor de l'Université Laval, pour une conférence sur les insectes forestiers.

À travers différents exemples reliés au monde forestier et particulièrement ceux de l'arpenteuse de la pruche (Lambdina fiscellaria fiscellaria) et du longicorne noir (Monochamus scutellatus), M. Berthiaume a parlé du  fonctionnement et des capacités d'adaptation que possèdent les insectes afin de tirer avantage de leur environnement.

En agronomie tout comme en foresterie, les insectes  causent des dommages importants aux ressources naturelles et peuvent ainsi réduire la rentabilité des exploitations. Dans le domaine forestier, les insectes ravageurs qui sont souvent des défoliateurs et des perceurs du bois, arrivent à changer aussi passablement la composition forestière des paysages.

M. Berthiaume qui a beaucoup étudié l'arpenteuse de la pruche dans ses travaux, a fait part de ses connaissances sur la dynamique des populations de cet insecte et ses adaptations plus locales sur le territoire. Des différences existent dans le nombre des stades larvaires de cet insecte entre le sud et le nord de la province par exemple. Alors qu'on trouvera 4 stades larvaires de l'insecte au nord, il s'en développera 5 au sud, les populations étant fortement influencées par la température. Des différences sont observées également  dans le nombre d'œufs pondus par les femelles et au niveau de la taille de ceux-ci.

Les données sur les épidémies d'arpenteuse de la pruche au Québec depuis 1900 nous apprennent  que l'insecte a déjà visité  les forêts résineuses de la Côte-Nord et de l'Est du Québec. Fait plus rare, depuis 2012, il est présent plus à l'ouest, dans le parc national de la Jacques-Cartier, dans la réserve faunique des Laurentides et à la Forêt Montmorency. Plus de 3000 hectares ont été touchés après 3 années d'infestation dans les sapinières de ces secteurs depuis 2012.

En terminant sa conférence, M. Berthiaume a partagé avec l'auditoire  quelques observations concernant le longicorne noir. Elles en disaient long sur la capacité de cet insecte dit secondaire à détériorer rapidement le bois après les feux et les épidémies. Les études qui sont faites par les chercheurs avec des tomographes  permettent de calculer l'étonnante  progression de l'insecte dans les galeries qu'il perce.

C'est avec passion que le conférencier a su capter son auditoire et témoigner de l'importance de pousser la recherche en entomologie forestière.  L'ensemble de ces connaissances nous en apprend certes davantage sur les insectes mais aussi sur la  relation entre les insectes et nos activités humaines.

 




Conférence de M. Denis Vandal - 28 janvier 2015

 

L’avenir du caribou au Québec

 

La Société Provancher d’histoire naturelle du Canada recevait M. Denis Vandal, biologiste, le 28 janvier 2015, à Québec pour une conférence sur le caribou.

Une cinquantaine de personnes ont assisté à cette présentation : «L’avenir du caribou au Québec». Le sujet est d’actualité alors qu’on s’inquiète de la dynamique de plusieurs populations chez l’espèce.

M. Vandal qui a travaillé plus de 30 ans dans le nord du Québec, bénéficie d’une expérience solide en gestion faunique. Il a su captiver son auditoire en faisant référence non seulement aux aspects scientifiques du dossier mais aussi aux considérations légales, juridiques, politiques et médiatiques.

Faisant d’abord un historique, il a fait valoir l’importance du caribou dans la culture autochtone. Il s’agit d’une ressource-clé qui, encore de nos jours, nourrit les communautés avec 9000 caribous récoltés chaque année, à des fins de subsistance.

M. Vandal a donné des précisions sur les divers écotypes et nous avons été en mesure de connaître les particularités du caribou migrateur, du caribou forestier et du caribou montagnard.

L’écotype migrateur est celui vivant le plus au nord dans la province. Actuellement, les populations de la Rivière George et de la Rivière aux Feuilles baissent. Les suivis qui se font à l’aide de colliers émetteurs, fournissent des données sur les déplacements des bêtes avec une assez bonne précision. 

Elles révèlent que le troupeau de la Rivière George qui comptait 800 000 têtes en 1993, en comptait seulement 14 200 en 2014. Le troupeau de la Rivière aux Feuilles se situait, quant à lui, à 600 000 têtes en 2001. Il a baissé à 430 000 individus en 2011.

Ces baisses  sont multifactorielles. La présence de prédateurs tels l’ours noir et le loup gris, le taux de survie des femelles qui est à la baisse, la mortalité des jeunes qui est en hausse, le taux de récolte et la présence de parasites sont autant de causes à considérer. Le troupeau de la Rivière aux Feuilles est plus stable que celui de la Rivière George qui compte davantage de vieux individus.

Les principales menaces du caribou migrateur sont reliées à la présence humaine (construction de routes, exploitation minière, développement hydro-électrique, …). Avec les changements climatiques, s’ajoutent des impacts pressentis comme l’arrivée de nouveaux insectes et parasites pouvant être dévastateurs.

Ces mêmes menaces guettent aussi le caribou forestier et son habitat. Le caribou forestier demeure un symbole de la forêt boréale. Il vit en hardes et son domaine vital est reconnu plus petit. Il recherche des peuplements mûrs d’épinette noire et des dénudés secs. Sa population varie entre 6000 et 8500 têtes. Il a aussi comme prédateurs l’ours et le loup. La limite de perturbation de son habitat devient critique entre 30 et 45%.

En ce qui concerne le caribou montagnard, celui-ci vit en Gaspésie et dans les Monts Torngat, sur des plateaux à plus de 700 m d’altitude. Le troupeau de la Gaspésie est en déclin depuis 1950 et son suivi est assez bien documenté.

Il n’est pas facile de répondre à la question: Quel est l’avenir du caribou au Québec? La difficulté est reliée à la conciliation entre conservation et développement économique. Il ne faut pas trop tarder, les années à venir seront cruciales pour la sauvegarde de cette espèce et de son habitat. Entre autres, des actions importantes découlant du Plan de rétablissement du caribou forestier 2013-2023 sont attendues. Le travail concerté des nombreux intervenants concernés par l’espèce doit se poursuivre ainsi que les collaborations interprovinciales initiées depuis quelques années.

M. Vandal a terminé sa conférence en nous montrant la photo d’un caribou passablement affaibli, dans un environnement hostile de neige abondante. L’image donnait un signal de vulnérabilité et d’urgence d’agir.

M. Denis Vandal en compagnie de Mme Élisabeth Bossert et de M. Robert Patenaude
 
 
 

Conférence de M. Jean David Moore - 1ier avril 2015

 À la découverte de la salamandre cendrée

M. Moore est ingénieur forestier et chercheur au Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec. Ses travaux portent sur le chaulage des érablières et la fertilisation de la forêt boréale. Il connaît aussi très bien la faune du sol et a fait saisir à son auditoire toute l'importance de celle-ci. La salamandre cendrée (Plethodon cinereus) est une des 10 espèces d'urodèles du Québec. Elle fait partie de cette faune du sol qui est si intéressante et hélas méconnue de plusieurs.

En début de présentation, M. Moore a présenté les caractéristiques physiques et morphologiques de la salamandre et son aire de distribution. La salamandre cendrée demeure très présente dans le nord-est de l'Amérique du nord. Il s'agit d'une espèce passablement documentée depuis 150 ans mais dont les connaissances évoluent encore. Nous avons appris que son cycle de vie se passe entièrement en forêt et que son rôle dans la chaîne alimentaire est déterminant. Au Québec, son habitat se trouve dans l'érablière, la forêt boréale mixte et, plus rarement, dans la forêt boréale résineuse.

Lorsqu'on s'intéresse à la faune du sol, il faut avoir le souci d'observer ce qui se passe dans les microhabitats. La salamandre cendrée choisit particulièrement les débris ligneux pour s'installer.  Il est captivant de voir à quel point cette espèce est sensible aux modifications de son habitat. Elle a toutefois une grande résilience lorsque certains attributs de son habitats sont conservés.

Ce qui frappe chez la salamandre cendrée, c'est sa coloration qui peut être très variable au sein des populations. On reconnaît deux types de colorations à l'espèce : la salamandre cendrée à dos rouge et celle à dos de plomb. Il existe de plus six types secondaires (erythristique, iridistique, albinos, leucistique, amélanistique, mélanistique) de coloration et cela  interpelle les scientifiques.

Parmi ses travaux, M. Moore a installé un dispositif dans une érablière de Duchesnay pour étudier la résilience de la salamandre cendrée face aux pluies acides. Il a utilisé des rondelles de bois déposées sur l'humus forestier afin d'attirer la salamandre cendrée et suivre son taux de survie ainsi que son état de santé grâce à des observations de poids et de taille des individus. Fait surprenant, l'abondance de cette salamandre était très élevée, même dans les sols très acides! Dans d'autres érablières de Duchesnay, la résilience de la salamandre cendrée face à deux traitements sylvicoles couramment utilisés dans les érablières, la coupe partielle et le chaulage, a aussi été étudiée. Une bonne résilience a été notée dans les deux cas. Dans les secteurs de coupes, la proximité des massifs forestiers, le rétablissement rapide de la végétation après coupe et la présence de débris ligneux ont contribué au maintien de l'espèce.

En terminant, M. Moore a partagé avec l'auditoire ce qu'il observe en milieu urbain. Il s'intéresse à la salamandre cendrée de quelques petits boisés urbains de moins de 3 hectares de la région de Québec. L'espèce est bien adaptée aux conditions du milieu malgré la fragmentation des boisés que crée l'urbanisation. Comme son domaine vital est de quelques mètres carrés et qu'elle n'a pas besoin de cours d'eau pour sa reproduction, elle dispose là également d'atouts appréciables pour sa survie dans ces écosystèmes restreints.

Les travaux de M. Moore font régulièrement l'objet de publications scientifiques dont celles dans Le naturaliste canadien. Vous pourrez en savoir davantage sur ses travaux dans le prochain numéro qui sortira en juin 2015. De plus, peut-être serez-vous tenté d'expérimenter les rondelles de bois déposées sur l'humus pour faciliter prochainement vos observations d'urodèles?

Elisabeth Bossert et Robert Patenaude

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Conférence de J. André Fortin – 4 novembre 2015

 

La Société Provancher d’histoire naturelle du Canada recevait M. J. André Fortin, le 4 novembre 2015,  au Théâtre de Poche de l’Université Laval, pour une conférence intitulée «Les mycorhizes : un monde à découvrir». Vingt personnes ont assisté à cette première conférence de la saison 2015-2016.

M. Fortin est professeur émérite de l’Université Laval, associé au Département des sciences du bois et de la forêt. Il s’intéresse aux mycorhizes depuis plus de 50 ans et il détient 3 brevets d’invention dans  le domaine de la mycologie. C’est avec beaucoup de passion qu’il a entretenu son auditoire sur la symbiose mycorhizienne, qui est une association entre les champignons et les racines des plantes. Cette relation particulière existe depuis plus de 400 millions d’années alors qu’apparaissaient les premières espèces végétales.

Dans un premier temps, M. Fortin a bien expliqué ce que sont les mycorhizes et démontré à quel point elles rendent service aux plantes dans leur conquête des habitats ce, partout dans le monde.

En fait, les champignons contribuent à augmenter la surface de contact des racines des plantes. Ainsi, les plantes peuvent mieux puiser dans le sol les éléments nutritifs dont elles ont besoin et s’adapter au milieu. En échange, les plantes font profiter les champignons de leur photosynthèse.

Il existe différents types d’associations mycorhiziennes comme par exemple, les mycorhizes arbusculaires, les ectomycorhizes et les mycorhizes éricoïdes. Alors que les mycorhizes arbusculaires  ont un mycélium qui pénètre dans les racines des plantes, chez les ectomycorhizes, le mycélium entoure les cellules végétales des racines sans pénétration.

Au Québec, nous retrouvons les mycorhizes arbusculaires principalement dans les forêts feuillues sur sols alluvionnaires et les ectomycorhizes dans les forêts de conifères aux sols à texture plus grossière.

Plus tard dans son exposé, M. Fortin a partagé ses connaissances reliées au développement de la production et de l’utilisation d’inoculums endomycorhiziens en agriculture et en sylviculture. Il est fier de voir que plus de 250 000 hectares de terres ont été inoculées en 2014 au Canada. Cela apporte une plus-value à diverses productions car les mycorhizes sont maintenant accessibles tant pour les petites que pour les grandes cultures. Les mycorhizes plaisent également aux jardiniers amateurs.

Les travaux de recherche se poursuivent dans le domaine à l’Université Laval. Ils font valoir le potentiel d’une roche, l’apatite, afin de gérer l’apport en phosphore pour les plantes, dans un contexte d’utilisation des mycorhizes. En renfort, une bactérie entre en jeu et permet une meilleure utilisation du phosphore. Les bactéries dissolvent l’apatite et il y a même libération de calcium!

En terminant, M. Fortin a présenté des photos intéressantes de champignons forestiers comestibles et nous a démontré que la mycologie est une science à la portée de tous. Depuis quelques années, les adeptes de champignons sauvages sont de plus en plus nombreux au Québec et certains font du mycotourisme.

Quelques questions sont venues de la salle et elles portaient sur les mycorhizes en agriculture. M. Fortin y a répondu avec tout l’optimisme qui le caractérise. Il parle avec engouement de la nouvelle révolution verte qui est aussi mise à profit dans le réaménagement de sites dégradés.

La Société Provancher d’histoire naturelle du Canada remercie sincèrement le conférencier pour la qualité de sa conférence. Elle tient, de plus, à le féliciter pour la nouvelle édition du livre Les mycorhizes – la nouvelle révolution verte publié aux Editions MultiMondes.   Le livre écrit en collaboration avec Christian Plenchette et Yves Piché est disponible dans la plupart des librairies.

Elisabeth Bossert

M. Fortin, à droite, en compagnie du président Robert Patenaude

Crédit photo: Élisabeth Bossert

 

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